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NOUVEAU
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Recension
Béatrice
Barras, Moutons rebelles, Ardelaine, la fibre développement
local, 170 pages, Repas Editions 2003
Béatrice Barras raconte l’histoire de
la SCOP Ardelaine, dont elle a été cofondatrice. Commencée
en 1972, ce qui était, à l’origine, une aventure
un peu folle, est devenu un exemple de développement local à
Saint-Pierreville, petit chef-lieu de canton dans une vallée
des Boutières vivant alors presque exclusivement de l’agriculture
et du moulinage, activités en crise. Béatrice Barras raconte
avec passion les trente ans de développement d’Ardelaine
depuis l’acquisition de la filature de Puausson jusqu’à
la mise en place de l’extension du musée de la laine et
du mouton en passant par la création des différentes productions
et leur commercialisation.
Les difficultés du démarrage, la mobilisation
des moyens financiers quasi inexistants au départ, la construction
de l’équipe de coopérateurs, la maîtrise de
la croissance et le respect des choix de “produire et fonctionner
autrement”, les relations avec le village, sont présentées
au fil des années et l’on a envie à chaque page
de savoir comment cette aventure va se poursuivre
Mais ce livre va au-delà, il témoigne
d’une expérience réussie de création et de
fonctionnement d’une entreprise de l’économie sociale
et solidaire respectueuse des hommes. Ardelaine a voulu fonctionner
et travailler autrement, a su associer chacun et, dans le même
temps, a “économiquement” réussi avec la création
de trente emplois durables.
On regrettera seulement que tout apparaisse trop beau,
que ne soient pas évoqués les inévitables tensions
internes de la vie de tout collectif ; mais, c’est sans doute
trop demander à un acteur entièrement impliqué
dans l’aven-ture.
Reste à pérenniser l’entreprise
lorsque le temps sera venu, pour les créateurs, de passer la
main, question que Béatrice Barras n’élude pas ;
de même, elle reconnaît qu’Ardelaine n’a pas
eu d’effets majeurs d’entraînement sur le dévelop-pement
de la vallée de la Glueyre, où les emplois sont aujourd’hui
principalement liés aux maisons de retraite et au tourisme.
Au total, un petit livre très stimulant.
Didier Picheral, Mars 2004
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