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Chemins d'avenir...
- Transformation des usages des chemins et
mutations des réseaux communaux en pays rural, Didier
Picheral
- Un nouvel usage des chemins : la randonnée pédestre,
enjeux et limites, Jean-Claude Saby
- En Ardèche plein cœur, une ancienne voie ferrée
en devenir, Béatrice Frasson-Marin
Actualités - Portraits - Vie
culturelle
- Les éoliennes et l'Ardèche,
Michel Appourchaux
- 2004 : 86% de réussite
au Baccalauréat,
1927 : 80% de réussite au Certificat d'Etudes Primaires, Pierre
Ladet
- Portrait : Jacques Boissel (1919-2006), Pierre
Bonnaud
- Au château de Vogüé :
exposition "19
Céramistes", Arnaud Crévolin
- L'Écomusée
du moulinage de Chirols... enfin...,
Yves Paganelli
- Lire en Ardèche
Enfin, sur
le thème
de ce numéro, on
trouvera d'autres articles inédits et des rééditions
d'articles anciens en libre accès
ici.
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Éditorial
De l'homme "porteur" à l'homme "roulant"
Usages des routes et chemins
Les routes et chemins ont d'abord été des
traces à peine visibles utilisées par les hommes
pour se déplacer. La mobilité a été pour
l'espèce humaine une condition de sa survie puis est
devenue, au fil des temps et de la sédentarisation,
une condition des échanges économiques et "culturels" entre
groupes et donc de la croissance, sans parler des déplacements
des hommes et des femmes dans leurs champs pour produire
leur subsistance. Les routes ont aussi servi à faire
la guerre en favorisant la mobilité des armées
et de leurs canons.
Se déplacer vite et loin est aujourd'hui
synonyme de "liberté" et indissociable du
statut social : sans voiture, sans déplacements multiples
nécessaires pour accéder au travail, aux services
publics, aux commerces, aux loisirs, la plupart d'entre nous
n'ont pas le sentiment de pouvoir vivre, voire survivre.
Échanger et donc déplacer vite et loin les
marchandises est aussi considéré comme un gage
d'efficacité d'un
système économique mondialisé contesté mais
bien présent.
Il en résulte une explosion de la mobilité que
le développement des télécommunications
n'a en rien ralentie. Ce qui ne va pas sans problèmes
liés tant aux questions environnementales (gaz carbonique
et réchauffement de l'atmosphère, saturation
des espaces, nuisances sonores et paysagères des grands
axes routiers...) qu'aux questions d'aménagement du
territoire (rurbanisation, désertification...).
Routes et chemins ont longtemps été les seuls
réseaux construits par l'homme pour se déplacer
et pour transporter des marchandises. Aujourd'hui, ils sont
encore les seuls à desservir le territoire dans tous
ses recoins. L'Ardèche, département quasiment
sans chemin de fer et sans aéroport commercial, est
entièrement dépendante de son réseau
routier et porte une attention prioritaire à sa gestion
et à son développement.
L'évolution des fonctions des déplacements
a généré la mise en place de nouvelles
techniques qui, en réduisant les coûts et les
temps de transport, ont elles-mêmes créé de
nouveaux "besoins", de nouveaux motifs pour circuler.
Aussi, les nouveaux usages des routes et chemins se sont
multipliés presque à l'infini allant même
jusqu'à circuler seulement pour le plaisir de se déplacer,
sans motif. Les réseaux ont dû s'adapter non
seulement au plan technique pour accepter la circulation
de nouveaux véhicules de transport, mais aussi au
plan des services aux voyageurs et transporteurs (auberges,
relais de chevaux et mulets, stations-services, etc.).
L'ambition du présent Cahier est de décrire
quelques-uns des multiples usages des routes et chemins ardéchois
au fil du temps en les reliant avec leur rôle économique
et social. Elle est de comprendre comment les réseaux
se sont adaptés tant dans leur tracé que dans
leur configuration technique. Il ne semble pas y avoir grand-chose
de commun entre un chemin muletier et une route à grande
circulation voire une autoroute, entre un réseau carrossable
de quelques axes et l'extrême densification du réseau
actuel accessible aux voitures et camions. Pourtant, la continuité est
là : chaque transformation a utilisé les tracés
antérieurs en les adaptant et en s'en affranchissant
seulement lorsque de nouvelles techniques ont permis de construire
là où cela n'était pas possible auparavant.
Puisse ce Cahier de Mémoire d'Ardèche
et Temps Présent permettre d'amorcer une réflexion
sur la mobilité, ses usages et ses conséquences.
Didier PICHERAL
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