- Les
comportements électoraux
des pays protestants en Ardèche pendant la Ve République, Didier
Picheral
- Les élections à la présidence
de la République en Ardèche de 1965 à 2007,
Michel Appourchaux
- Élections législatives et
députés
ardéchois de 1946 à 2007, Michel Appourchaux
Actualités - Vie
culturelle
- Les cent ans du scoutisme dans le monde...
le scoutisme unioniste en Ardèche, René Falavel
- Un ancien chemin entre la dent de Rez et Saint-Just,
Francis Reynaud
- À propos du nombre de communes en
Ardèche, Michel Appourchaux
- Où l'on
reparle d'art roman, Guy Delubac
- 1er Festival national
d'Archéologie de Privas,
21-29 avril 2007, Pierre Ladet
Aux
Archives départementales de l'Ardèçhe
- Sous
la treille… passé et présent
de la viticulture ardéchoise, juillet-août
2007
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trouvera d'autres articles inédits et documents en
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Éditorial
Voter en Ardèche
Choisir celui ou celle, ceux et celles qui, dans notre
démocratie "de représentation", auront
en charge les affaires de la cité, de la "res
publica", est un acte aujourd'hui considéré comme
naturel, allant de soi.
L'universalité qui est attachée au suffrage
apparaît également évidente à chacun
de nous, voter est un droit fondé sur l'égalité des
citoyens, une voix vaut une voix, sans exclusive.
Il n'en fut pourtant pas toujours ainsi et déposer
aujourd'hui le bulletin dans l'urne, acte simple, est le
résultat d'un long processus, d'une lente évolution
de la pensée politique, d'une prise de conscience
individuelle et collective. Voter hier n'était pas
voter aujourd'hui et les modes de scrutin traduisent chacun
une certaine idée de la société.
L'Ardèche a participé à ce mouvement
depuis ses prémices, avec souvent enthousiasme.
L'Ancien Régime avait pourtant appris à chacun à rester
dans son rôle, le "politique" étant
réservé au seigneur, au roi, dans une monarchie
absolue, davantage qu'au consul désigné par
les "principales" familles de la communauté villageoise,
ou au "député" invité aux
États du royaume.
La Révolution, nous montre Jean-Louis Issartel,
voit le débat s'ouvrir sur les premières notions
de souveraineté, non sans tensions ici, sur le terrain,
loin des salons parisiens, dans l'apprentissage de la citoyenneté.
Pour autant, les vieux schémas ne sont pas morts,
et la tentation d'un pouvoir réservé à une
classe sociale, à une aristocratie de la naissance
ou de la fortune reste très présente et s'exprime,
notamment lors de la Restauration, sous la forme du suffrage
censitaire que présente Dominique Dupraz à partir
des mémoires laissés par un électeur,
le comte de Blou. Un comte de Blou quelque peu choqué par
ces paysans enrichis et donc électeurs comme lui,
mais qui ne trouvent pas leur place au bal de la préfecture
le soir des élections...
Le XIXe siècle part ainsi à la recherche
d'un mode de scrutin, en même temps d'un modèle
du citoyen, "citoyen actif", citoyen passif, d'un
modèle de société : monarchie, empire,
république ?
En 1848, la IIe République instaure définitivement
le suffrage universel (... masculin). De 1 328, le nombre
d'électeurs passe, nous dit Éric Darrieux, à plus
de 100 000 et avec cette "innovation proprement révolutionnaire" (René Rémond),
l'Ardèche entre dans le mouvement, en même temps
dans cette dichotomie blancs-bleus, blancs-rouges, droite-gauche,
qui caractérise largement encore la vie
politique française, la vie politique ardéchoise
singulièrement. Et ce, sur fond de tendances lourdes
(mais non dénuées d'évolutions et parfois
de ruptures) qualifiées de géographiques, peut-être
culturelles, mais qu'il n'est pas si simple d'expliquer si
l'on veut s'affranchir des idées reçues.
Ce Cahier n'entend pas résoudre la question du comportement électoral
ardéchois mais donner quelques-uns des éléments
qui permettront à chacun de conduire sa réflexion à travers
notamment les études de Didier Picheral et le dossier établi
par Michel Appourchaux sur l'évolution du vote ardéchois.
Pour accompagner cette réflexion, enfin, les portraits
de quelques-uns des élus ardéchois, engagés
dans différentes causes, dans différents combats.
Le recul du temps nous permet aujourd'hui moins de juger
que d'essayer de comprendre. Pour nous y aider, nous avons
souhaité rééditer l'article écrit
par Maurice Boulle en 1994 sur le 10 juillet 1940, sur les élus
ardéchois présents ce jour là et parmi
eux Édouard Froment, opposé avec Marcel Astier
aux pleins pouvoirs, et Xavier Vallat, qui sera commissaire
aux affaires juives. D'autres personnalités sont citées
ici et là, deux d'entre elles plus longuement présentées
par Pierre Bonnaud et Guy Delubac.
Pierre LADET
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