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Couverture : Château
de Largentière
De l'aigle germanique aux lys de France
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- Éditorial, Jean-Louis Issartel
Ière Partie
- Le Vivarais au XIIIe siècle, les forces
en présence
et la pénétration capétienne, Christian
Frachette
- Tournon et le royaume de France, Juliette
Thiébaud
- Quand dans les années 1270, aux
limites des départements
de l'Ardèche du Gard et de la Lozère, les officiers
du roi de France grignotaient une terre d'Empire, le Vivarais, Jacques
Schnetzler
- "Philippe, par la grâce de Dieu, roi de France..."
- Dernière étape
du rattachement du Vivarais à la
France : le traité de 1308, Jean-Louis Issartel
- Une relation
d'homme à homme : l'hommage, Colette Véron
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IIe partie
- Premières manifestations de la souveraineté royale dans
la baillie épiscopale de Bourg-Saint-Andéol, Jean-Louis Issartel
- Les États du Vivarais au Moyen Age, XIV e -XV e siècles, Christian
Frachette
- La fiscalité médiévale,
Robert Valladier-Chante
- Dépendances et identités sociales
au XVe siècle
: l'apport des Estimes du Vivarais. Étude de sept paroisses
des Boutières, vallées de la Glueyre et de l'Auzène, Colette
Véron ... suivi d'une bibliographie sur les Estimes de
1464 par Pierre-Yves Laffont
- Le compoix du Bourg-Saint-Andéol de 1517... en langue
d'Oc,
Michel Cros
- 1700 : achat d'offices de maire par l'évêque de Viviers
et transaction de 1307, transcription d'Alain Fambon
Actualités
- Les élections cantonales de 2008 en Ardèche, Michel
Appourchaux
- Novembre 2008 : les 120 ans de l'Institut Pasteur, rappel sur
la réception de Pasteur par la ville d'Aubenas en 1882, Pierre
Coulet
- Une publication en faveur de Païolive..., Jean-François
Holthof
- Mai et juin 68 en Ardèche : une histoire à découvrir, Pierre Bonnaud
L'intégralité de cet article est disponible
en libre accès sur
le présent site.
- Suites du Cahier n°96 "Ardéchois loin
de leur terre natale" :
- Les "arrière petites-filles Jocteur" sur la
terre de leurs ancêtres, Pierre Coulet
- L'Ardèche algérienne... ou la phaléristique
au service de l'histoire, même locale,
une médaille "L'Ardèche
algérienne, société de secours mutuels",
Henri Veyradier
- Lire en Ardèche :
Le Rhône en 100 questions, recension
de Monique Coulet
Revue des revues
Et encore, en
libre accès sur ce site :
Étude du corpus des noms de tenanciers cités dans les Estimes du
Vivarais : apport à une approche géographique des dépendances,
Colette Véron.
Éditorial
Voici 700 ans...
Les territoires se font, se défont,
se transforment au fil de l'Histoire, avec des durées
de vie variables, au rythme de l'évolution des sociétés
et des intérêts en présence. L'histoire actuelle
en montre parfois cruellement de nombreux exemples.
Un schéma
classique présente le département
de l'Ardèche comme héritier du Vivarais, lui-même
successeur de la lointaine Helvie, une entité presque
immuable depuis 2 000 ans...
La réalité est beaucoup
moins simple.
Au début de cette année, nous
avons passé sans
nous en apercevoir le 700e anniversaire du traité de 1308
qui consacrait l'ultime étape du rattachement du Vivarais,
auparavant terre d'empire, à ce qui était à l'époque
le royaume de France.Voilà en tout cas une occasion toute
trouvée
pour l'équipe de Mémoire d'Ardèche et Temps
Présent de se plonger en pleine période médiévale,
de redécouvrir les travaux considérables de Jean
Régné, de Pierre Babey, que les auteurs de ce Cahier
ont largement sollicités, mais de porter aussi un regard
neuf sur l'événement et sa portée.
Dans une première partie consacrée à l'événement
et à sa genèse du XIIIe siècle à 1308,
Christian Frachette fait l'état des lieux, analyse les
forces en présence ainsi que la patiente pénétration
capétienne dans un espace éclaté. Juliette
Thiébaud pour la partie nord autour de Tournon, et Jacques
Schnetzler pour les confins sud-ouest de notre département
actuel en explorent les formes et les stratégies locales.
Vient ensuite la présentation du document
accompagnée
de son analyse et d'un article de Colette Véron sur l'hommage.
On notera que les relations entre l'évêque de Viviers
et le capétien échappent à cette pratique
très répandue à l'époque. Et ceci
non seulement parce que l'un des partenaires est un homme d'Eglise,
mais surtout parce que les terres concernées constituent
un alleu par rapport au roi de France. Ce n'est donc pas en s'appuyant
sur la pyramide féodale que celui-ci étend son
pouvoir sur le Vivarais épiscopal. C'est en y affirmant
de façon plus moderne le principe de sa souveraineté.
Nous aurions voulu publier dans ce numéro
des photographies du document original conservé aux Archives nationales,
mais l'opération de déroulement du parchemin demande
un délai qui nous oblige à renvoyer cette publication à plus
tard. C'est la traduction fournie par Pierre Babey dans sa thèse
qui a servi de base à l'analyse centrale. L'exercice
de la justice, principal vecteur du pouvoir dans cette époque
encore largement féodale, mobilise une bonne partie des
clauses du traité.
La seconde partie porte essentiellement sur
les deux siècles
(XIVe et XVe siècles) postérieurs à l'événement,
afin de repérer comment, dans un contexte de crises et
de profonds bouleversements (Guerre de Cent ans, épidémies
de peste, mutations économiques, sociales, culturelles...),
s'est imposé le pouvoir royal, selon un jeu plus ou moins
subtil avec l'évêque et son chapitre. Christian
Frachette analyse ici dans une démarche éclairante,
la mise en place, pour des considérations fiscales, des
Etats du Vivarais. L'unité du Vivarais, son extension
au nord de l'Eyrieux et du Doux est alors en construction. La
fiscalité médiévale largement explorée
ici par Robert Valladier-Chante, donne aussi l'occasion à Colette
Véron de mener une enquête sociale nourrie des dernières
approches en la matière, confrontant statut, anthroponymie
et toponymie.
Le travail de Michel Cros sur les patronymes
occitans francisés
du compoix de Bourg-Saint-Andéol du début du XVIe siècle
aborde la question des mutations culturelles, tandis qu'Alain
Fambon rappelle la mémoire encore vivante des
transactions de 1307-1308, quatre cents ans plus tard, lors de
la mise en place des offices de maire sous Louis XIV.
Une mémoire quelque peu oubliée depuis, et que
ce Cahier aura voulu rafraîchir.
Jean-Louis ISSARTEL
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